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Travaux de copropriété : lesquels pouvez-vous refacturer au locataire ?

Ravalement, ascenseur, chaudière collective, appels de fonds du syndic : ce qu'un bailleur peut vraiment refacturer au locataire, et comment le faire proprement.

Éditeur du blog Locadia

Publié le 9 mai 2026 9 min de lecture Mis à jour le 9 mai 2026 Relu le 9 mai 2026
Échafaudage sur la façade d'un immeuble en rénovation pour illustrer les travaux de copropriété

Quand le syndic vote des travaux, beaucoup de bailleurs ont le même réflexe : j’ai payé, donc je peux en récupérer une part sur le locataire. C’est précisément là que commencent les rappels contestés.

La bonne règle est plus stricte : un appel de fonds de copropriété n’est pas, par lui-même, une charge récupérable. Ce qui compte, ce n’est pas le libellé du relevé du syndic, mais la nature exacte de la dépense. Si vous avez d’abord besoin de remettre à plat votre méthode générale, gardez aussi sous la main Régularisation des charges locatives : comment éviter un rappel contesté ? et Réparations locatives : lesquelles relèvent du locataire et lesquelles restent au propriétaire ?.

À retenir en 30 secondes

Un ravalement, une réfection de toiture, une mise en conformité lourde ou le remplacement complet d’un équipement collectif ne se refacturent pas au locataire comme tels. En copropriété, le locataire rembourse seulement certaines charges récupérables : énergie, entretien courant, exploitation, menues réparations, certains frais de personnel et quelques taxes ou redevances prévues par les textes. Le bon réflexe est donc de trier la dépense, puis de la faire passer dans le bon cadre de régularisation, pas d’envoyer l’appel de fonds brut.

La vraie règle : le relevé du syndic ne décide pas à votre place

L’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 et le décret sur les charges récupérables encadrent la logique côté locataire. En pratique, cela veut dire une chose simple : le locataire ne rembourse pas les travaux de propriétaire, même si ces travaux transitent par la copropriété.

C’est le point qui piège le plus souvent les petits bailleurs. Dans la vraie vie, un relevé annuel de copropriété mélange parfois :

  • des dépenses d’ascenseur ;
  • de l’énergie pour le chauffage collectif ;
  • des produits d’entretien ;
  • des honoraires ou frais d’exploitation ;
  • et, à côté, un gros appel de fonds pour un ravalement, une réfection d’étanchéité ou un remplacement d’équipement.

Si vous traitez ce bloc comme un tout, vous facturez trop. Si vous le relisez poste par poste, la logique redevient assez claire : l’entretien courant et certains services peuvent être récupérables ; le chantier patrimonial, non.

Poste de copropriétéRécupérable sur le locataire ?Lecture pratique côté bailleur
Ravalement de façade, réfection de toiture, isolation lourde, mise en conformité globaleNonCe sont des dépenses de propriétaire, même si elles passent par le syndic
Électricité des parties communesOuiEntre dans les charges récupérables si le bail est au bon régime
Entretien courant de l’ascenseur et menues réparationsOuiService-Public cite l’exploitation de l’appareil, l’entretien courant et certaines petites réparations
Contrôle technique quinquennal de l’ascenseurNonService-Public précise explicitement qu’il n’est pas récupérable
Chauffage collectif : fourniture d’énergie et exploitation couranteOuiCela peut entrer dans les charges récupérables, avec justificatifs
Remplacement complet d’un équipement collectifEn principe non comme telIl faut distinguer le chantier patrimonial des frais d’exploitation récupérables
Frais de gardien ou employé d’immeubleOui, sous conditionsSeulement dans le cadre prévu par les textes

Le point utile n’est donc pas d’apprendre une liste abstraite. C’est de retenir ceci : un chantier voté en assemblée générale ne devient pas récupérable juste parce qu’il figure sur votre appel de fonds.

Les cas qui créent le plus de confusion

Certains postes reviennent sans cesse dans les immeubles en copropriété.

1. Le ravalement

C’est le cas le plus simple à trancher. Un ravalement améliore ou remet en état l’immeuble, mais ce n’est pas une charge locative récupérable à refacturer telle quelle au locataire. Si vous recevez un appel de fonds exceptionnel pour la façade, vous l’assumez comme bailleur.

La confusion vient souvent de cette phrase : “le locataire profite bien de l’immeuble rénové”. C’est vrai en pratique, mais juridiquement cela ne suffit pas. Le régime des charges récupérables n’est pas basé sur l’idée de bénéfice général ; il repose sur une liste et une logique d’exploitation courante.

2. L’ascenseur

Ici, il faut séparer deux mondes.

  • Oui pour l’électricité, l’exploitation courante, l’entretien périodique et certaines menues réparations.
  • Non pour le contrôle technique à réaliser tous les 5 ans.
  • À trier finement si une facture mélange maintenance courante et remise à niveau plus lourde.

Autrement dit, un relevé syndic mentionnant “ascenseur” ne vous dit pas encore si la somme est récupérable. Il faut regarder la nature réelle de la ligne, pas seulement son intitulé.

3. Le chauffage collectif et la chaudière

Service-Public vise clairement la fourniture d’énergie et l’exploitation du chauffage collectif parmi les dépenses récupérables. En revanche, si la copropriété remplace entièrement une chaudière collective ou engage une opération lourde sur l’installation, le bailleur ne peut pas traiter l’investissement comme une simple charge locative.

La bonne méthode consiste à demander le détail si besoin :

  • part d’énergie ou d’exploitation courante ;
  • part de maintenance ordinaire ;
  • part de gros travaux ou de remplacement.

C’est souvent sur ces postes mixtes que naissent les erreurs les plus coûteuses.

Le piège classique

Envoyer au locataire un pourcentage de l’appel de fonds du syndic en expliquant qu’il s’agit de “sa part des travaux”. C’est fragile presque immédiatement, et souvent indéfendable si les dépenses relèvent d’un chantier de propriétaire plutôt que d’un service récupérable.

Comment récupérer proprement ce qui peut l’être

Même quand une dépense est bien récupérable, vous ne la demandez pas n’importe comment.

En location vide, les charges sont en principe payées par provisions avec régularisation annuelle. En meublé, cela dépend du bail : forfait ou provisions. Et en bail mobilité, les charges sont au forfait, sans régularisation ultérieure.

Cela change beaucoup de choses.

Si vous êtes en provisions sur charges

C’est le cadre le plus classique en copropriété. Vous pouvez récupérer les dépenses réellement récupérables, mais en respectant la méthode :

  1. vous partez des dépenses effectives ;
  2. vous écartez les travaux non récupérables ;
  3. vous comparez aux provisions déjà appelées ;
  4. vous communiquez un décompte par nature de charges ;
  5. vous gardez les justificatifs à disposition pendant 6 mois.

Exemple simple :

  • le syndic appelle 1 800 € sur l’année ;
  • dans ce total, vous identifiez 950 € de chauffage collectif récupérable, 140 € d’ascenseur récupérable, 60 € d’électricité des parties communes, mais aussi 650 € de ravalement non récupérable ;
  • le montant à intégrer dans vos charges locatives n’est donc pas 1 800 €, mais 1 150 €.

Cette logique paraît évidente une fois posée, mais c’est exactement ce qui manque dans beaucoup de rappels de charges envoyés trop vite.

Si vous êtes en meublé au forfait

Là, le sujet change complètement. Même si la copropriété vous facture plus cher que prévu, vous ne pouvez pas bricoler un complément en cours de bail en appelant cela “travaux” ou “charges exceptionnelles”. Le forfait est censé absorber cette logique jusqu’au prochain recalage contractuel.

Si vous hésitez souvent entre forfait et provisions sur des biens en copropriété un peu mouvante, relisez aussi notre guide sur la régularisation des charges : c’est souvent un choix de gestion plus stratégique qu’il n’y paraît.

La bonne checklist avant d’envoyer un rappel

1

Relire la ligne de dépense exacte

Ne vous contentez pas du mot “travaux” ou du nom de l’équipement. Vérifiez si vous êtes face à de l’exploitation courante, à une menue réparation, à une taxe récupérable, ou à un chantier de propriétaire.

2

Trier le récupérable du non récupérable

Si le relevé syndic mélange plusieurs natures de dépenses, isolez celles qui entrent vraiment dans les charges locatives. Quand un poste reste ambigu, mieux vaut demander le détail que supposer.

3

Vérifier le régime de charges prévu par le bail

Provisions avec régularisation, forfait meublé ou bail mobilité : la bonne dépense demandée dans le mauvais cadre devient quand même contestable.

4

Préparer un décompte lisible

Le locataire doit comprendre ce qu’il rembourse : chauffage collectif, ascenseur, entretien, TEOM le cas échéant, et non un bloc flou intitulé “copropriété”. Si vous avez besoin d’un repère spécifique sur la taxe foncière et la TEOM, ce guide dédié évite justement les mélanges.

5

Garder la logique bailleur jusqu'au bout

Ce qui n’est pas récupérable sur le locataire n’est pas pour autant une dépense perdue à tous les niveaux. Selon le type de location et votre régime fiscal, certaines charges ou certains travaux peuvent se raisonner autrement côté bailleur. Sur ce point, notre guide sur les travaux déductibles en revenus fonciers peut servir de prolongement utile.

Ce qu’il faut retenir si vous gérez un appartement en copropriété

Le bon réflexe n’est pas de partir de la question “combien le syndic m’a appelé ?”. Le bon réflexe est de partir de la question “quelle part de cette dépense correspond vraiment à une charge récupérable ?”

C’est toute la différence entre une régularisation défendable et un rappel qui ressemble à une refacturation au doigt mouillé. Pour un bailleur qui gère sans agence, cette discipline paie vite : elle évite de mélanger entretien courant, fiscalité, gros travaux et appels exceptionnels.

En une phrase : le locataire rembourse certains coûts d’usage et d’exploitation, pas le patrimoine de la copropriété.

Questions Fréquentes

Non. Un ravalement relève d'un chantier de propriétaire et ne fait pas partie, en pratique, des charges récupérables à refacturer telles quelles au locataire. Le fait que la dépense transite par le syndic ne change pas sa nature.

Il faut la ventiler. Vous ne pouvez récupérer que la part correspondant à des dépenses réellement récupérables, comme certaines dépenses d'exploitation, d'entretien courant ou de menues réparations. Le reste doit rester à votre charge de bailleur.

Non. Avec un forfait de charges, il n'y a pas de régularisation ultérieure pour récupérer un surcoût lié à la copropriété. Si vous avez sous-estimé le forfait, l'écart reste pour vous pendant le bail.

Non. Service-Public précise explicitement que le contrôle technique à réaliser tous les 5 ans n'est pas une charge récupérable, contrairement à certaines dépenses d'exploitation courante ou de menues réparations.

Confiance

Sources officielles utilisées

Auteur

À propos de Maxime

Éditeur du blog Locadia

Maxime édite le blog Locadia. Il transforme les textes officiels (Service-Public.fr, impots.gouv.fr, Légifrance, ANIL) et les retours terrain en guides opérationnels pour les bailleurs qui gèrent eux-mêmes. Chaque article est structuré comme une checklist, daté, sourcé et relu avant publication.

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Dernière revue éditoriale : 9 mai 2026

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