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IRL 2026: quel indice utiliser pour réviser un loyer ?

L'Insee a publié l'IRL du 1er trimestre 2026 le 15 avril. Voici les valeurs utiles, le bon calcul et les cas où la révision reste interdite.

Éditeur du blog Locadia

Publié le 21 mars 2026 7 min de lecture Mis à jour le 15 avril 2026 Relu le 15 avril 2026
Façade d'un immeuble résidentiel brun avec balcons, vue en contre-plongée

L’Insee a publié le 15 avril 2026 l’IRL du 1er trimestre 2026. Pour les bailleurs, la vraie question n’est pas seulement de connaître le nouveau chiffre, mais de savoir si c’est bien cet indice qu’il faut appliquer à leur bail.

C’est là que les erreurs commencent: on prend le dernier pourcentage vu passer, on oublie le trimestre prévu au contrat, ou on applique une hausse alors qu’elle reste juridiquement interdite. En pratique, la révision du loyer repose toujours sur quatre vérifications: la clause du bail, la date de révision, le bon trimestre IRL et la situation énergétique du logement.

Si vous avez un doute sur le blocage côté DPE, DPE 2026: faut-il mettre à jour le diagnostic d’un logement chauffé à l’électricité ? permet de clarifier quand un logement peut sortir de la classe G ou rester bloqué. Et si vous gérez plusieurs baux sans agence, le Guide complet de la gestion locative sans agence aide à remettre la révision du loyer dans une routine plus propre: clauses, dates, relances et quittances.

À retenir en 30 secondes

Le 1er trimestre 2026 est publié: l’IRL s’établit à 146,60 en métropole, 143,78 dans les collectivités régies par l’article 73 de la Constitution et 142,38 en Corse, soit +0,78 % sur un an dans les trois cas. Mais vous ne pouvez utiliser cet indice que s’il correspond vraiment au trimestre de référence de votre bail. Sans clause de révision, hors délai d’un an ou sur certains logements classés F ou G, la hausse reste bloquée.

IRL 2026: les valeurs du 1er trimestre publiées le 15 avril

L’Insee indique pour le 1er trimestre 2026 les valeurs suivantes:

ZoneIRL T1 2026IRL T1 2025Variation annuelle
Métropole146,60145,47+0,78 %
Collectivités régies par l’article 73 de la Constitution143,78142,67+0,78 %
Corse142,38141,28+0,78 %

C’est une donnée utile, mais il faut éviter un raccourci fréquent: le dernier IRL publié n’efface pas les trimestres précédents. Si votre bail renvoie au 4e trimestre, la publication du 1er trimestre 2026 ne vous fait pas basculer automatiquement sur 146,60. Vous resterez sur le couple d’indices correspondant au 4e trimestre.

Autre point utile: l’Insee annonce déjà la prochaine publication pour le 10 juillet 2026 à 8 h 45. Autrement dit, ce 1er trimestre 2026 devient maintenant le nouveau repère officiel pour tous les baux qui s’y rattachent réellement.

Comment savoir si cet IRL vous concerne vraiment

Le bon réflexe consiste à partir du bail, pas de l’actualité.

1

Vérifiez la clause de révision

Sans clause de révision annuelle dans le bail, vous ne pouvez pas augmenter le loyer en cours de contrat sur la seule base de l’IRL. Le nouvel indice ne crée pas, à lui seul, un droit à augmenter.

2

Repérez le trimestre de référence prévu au contrat

Si le bail mentionne le 1er trimestre, vous pouvez comparer l’IRL du 1er trimestre 2026 à celui du 1er trimestre 2025. S’il mentionne le 4e trimestre, il faut continuer à travailler avec le 4e trimestre. Beaucoup de bailleurs se trompent ici en prenant automatiquement le dernier indice publié, alors que le contrat renvoie à un autre repère.

3

En l'absence de trimestre précis, regardez la date de signature

Service-Public rappelle que lorsqu’aucune date d’IRL n’est indiquée dans le bail, il faut retenir le dernier indice publié par l’Insee au moment de la signature. Cela veut dire que deux baux signés à des dates différentes ne renverront pas forcément au même trimestre, même s’ils sont révisés la même année.

En clair, le 1er trimestre 2026 concerne surtout les bailleurs dont le contrat vise ce trimestre, ou ceux dont le bail sans précision renvoie désormais à ce dernier indice publié lors de la signature. Ce point paraît technique, mais il évite la majorité des erreurs de calcul.

Comment calculer la révision avec le 1er trimestre 2026

La formule officielle reste la même:

nouveau loyer = loyer mensuel actuel x IRL du trimestre de référence de l'année en cours / IRL du même trimestre de l'année précédente

Prenons un cas simple. Votre bail renvoie au 1er trimestre, et le loyer actuel est de 850 euros.

850 x 146,60 / 145,47 = 856,60 euros

La hausse théorique est donc de 6,60 euros par mois.

Ce type d’exemple aide à garder les pieds sur terre: un pourcentage faible peut produire une hausse modérée, mais encore faut-il qu’elle soit calculée sur le bon trimestre et demandée au bon moment. Et si votre logement se situe en zone d’encadrement avec un complément de loyer, Service-Public précise que la révision porte sur le total loyer de base + complément de loyer.

Le calcul ne suffit toutefois pas à rendre la hausse valable. Il faut aussi respecter le calendrier et les interdictions qui continuent de s’appliquer en 2026.

Les trois points qui bloquent encore une hausse en 2026

1. La demande n’est pas automatique

Même avec une clause valable, la révision n’est pas automatique. Le bailleur doit manifester sa volonté d’appliquer la hausse. En pratique, mieux vaut envoyer une demande claire au locataire, avec la date, l’indice retenu et le calcul.

2. Le délai d’un an reste décisif

L’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989, repris par Service-Public, reste le point le plus piégeux: vous avez un an à compter de la date de révision pour demander l’application de la hausse. Une fois ce délai dépassé, la révision non demandée est perdue pour la période écoulée.

Surtout, la hausse ne joue pas rétroactivement comme un rattrapage automatique sur tous les loyers passés. Elle prend effet à compter de la demande. Pour un bailleur, c’est souvent la différence entre une gestion propre et un dossier qui se tend inutilement avec le locataire.

3. Certains logements classés F ou G restent exclus

En métropole, la révision est interdite lorsque le bail a été signé, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022 pour un logement classé F ou G. La même logique s’applique depuis le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.

Autrement dit, vous pouvez avoir la bonne clause, le bon IRL et le bon calcul, mais rester quand même bloqué par la performance énergétique du logement. C’est un point à vérifier avant d’envoyer la moindre notification.

Checklist pratique avant d’écrire au locataire

Avant de demander une révision de loyer en avril, mai ou juin 2026, vérifiez dans cet ordre:

  • la présence d’une clause de révision dans le bail
  • le trimestre IRL réellement prévu au contrat
  • la date exacte de révision et le respect du délai d’un an
  • la classe DPE du logement et la date du bail, du renouvellement ou de la reconduction
  • le calcul arrondi au centime, avec mention éventuelle du complément de loyer si le bail en comporte un

Cette petite checklist a un avantage simple: elle vous évite d’envoyer un courrier discutable, puis de devoir corriger ensuite. Si votre situation se complique surtout à cause d’un paiement qui déraille, Loyer impayé: quoi faire dès le premier retard sans aggraver la situation ? est souvent le meilleur point d’entrée avant toute discussion sur la révision du loyer.

En 2026, l’information utile n’est donc pas seulement que l’IRL du 1er trimestre est sorti. L’information vraiment utile est de savoir si votre bail vous permet de l’utiliser, dans quel délai et avec quelles limites. Pour un bailleur, c’est cette lecture-là qui évite les erreurs les plus coûteuses.

Questions Fréquentes

Oui, mais seulement si votre bail renvoie au 1er trimestre ou, en l'absence de trimestre indiqué, si le dernier IRL publié au moment de la signature correspond à ce repère. Si votre contrat vise le 4e trimestre, vous devez rester sur ce trimestre-là.

Il faut conserver le 4e trimestre comme base de calcul. La publication du 1er trimestre 2026 ne remplace pas automatiquement le trimestre prévu au contrat. Le bon calcul dépend toujours du repère inscrit dans le bail.

Non, pas comme un rattrapage automatique. Le bailleur doit demander l'application de la révision dans l'année qui suit sa date de prise d'effet. Une fois ce délai dépassé, la hausse non demandée est perdue pour la période écoulée et ne s'applique qu'à partir de la demande.

Oui. Service-Public précise que lorsqu'un complément de loyer s'applique, le montant à réviser correspond au total du loyer de base et du complément de loyer.

Confiance

Sources officielles utilisées

Auteur

À propos de Maxime

Éditeur du blog Locadia

Maxime édite le blog Locadia. Il transforme les textes officiels (Service-Public.fr, impots.gouv.fr, Légifrance, ANIL) et les retours terrain en guides opérationnels pour les bailleurs qui gèrent eux-mêmes. Chaque article est structuré comme une checklist, daté, sourcé et relu avant publication.

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Dernière revue éditoriale : 15 avril 2026

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